Les guichets automatiques de banque ne sont pas accessibles aux personnes en fauteuils roulants.</P>

Témoignage

J’ai jamais fait la guerre et pourtant tous les jours c’est le parcours du combattant.

Gérard Lhomme vit dans un fauteuil roulant. Pour lui, l’accessibilité en ville est un non-sens. J’ai 52 ans et suis handicapé de naissance. Classé Infirme moteur origine cérébrale, je suis équipé d’un fauteuil Arnas unilatéral. Mes parents m’ont toujours soutenu dans ma vie sociale. Dans ma commune, Yvetot-Bocage, j’ai fait partie du foyer des jeunes, de la bibliothèque, du club informatique. Maintenant, je suis membre de la commission intercommunale pour l’accessibilité des personnes handicapées. Un état des lieux dans les communes a été effectué et il y a du boulot. Ce que vous faites en un geste, nous les handicapés, c’est puissance 10.

Nous l’avons accompagné dans son « parcours du combattant ». (Basse-Normandie / Cherbourg-Octeville / Lieusaint /) Place Vicq d’Azir. Gérard sort de sa voiture : « La place est libre, il y a eu une prise de conscience de la part de la population. » Premier obstacle : « L’humidité, les pavés sont fortement déconseillés pour les fauteuils roulants, les roues patinent. » Gérard Lhomme franchit le passage piéton : « Je ne monte pas le parvis, trop de pente mais si je veux monter il faut que je prenne de l’élan et si je prends de l’élan, avec la petite butée du trottoir de l’autre côté, c’est la chute ! » Au niveau commerces, n’en parlons pas : le bar, l’opticien, la charcuterie… seule la Caisse d’Epargne a une rampe mais c’est du pavé : retour à la case départ.

« Pour les banques, les distributeurs sont trop hauts, on peut jouer les équilibristes pour mettre la carte et taper le code mais on n’attrape pas les billets ! À la Maison de la presse, je monte mais il faut ouvrir des deux battants de la porte et pour le demi-tour, je bloque l’entrée. Chez Shopi, je peux entrer mais le bitume du parking est rapiécé et devient dangereux. » Gérard Lhomme a une astuce : « Les employées me connaissent, je gare ma voiture et elles viennent gentiment chercher ma liste. »

À la sortie,il remarque : « Le passage piéton est décalé par rapport au bateau du trottoir. » Inutile de faire le tour de la ville, le parcours est édifiant. « De plus, pour effectuer un circuit ordinaire, le handicapé doit d’abord faire le circuit dans sa tête pour prendre les passages les plus faciles. Il vaut mieux avoir le sens de l’orientation. »

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