C’est un vrai paradoxe. Si nombre de personnes handicapées n’arrivent pas à trouver leur place sur le marché de l’emploi, les entreprises s’arrachent celles qui ont suivi des études supérieures. Leur recrutement tient même du casse-tête pour les sociétés en quête de profils à partir de bac + 2. «Il y en a tellement peu; Nous cherchons tous le mouton à six pattes», confie François-Xavier Krieg, responsable du pôle d’insertion du groupe Generali, qui recrute surtout des bac + 4.
«C’est un problème, reconnaît Laurence Mialleret, des ressources humaines d’Areva. Nous avons beau avoir une vraie politique handicap et beaucoup de bonne volonté, nous sommes parfois obligés de laisser tomber les recherches sur certains postes.» «À partir de bac + 3, ça bloque. Nous ne trouvons plus les candidats», renchérit Franz Bléhaut, directeur France de Michelin.

Les personnes handicapées peinent encore à accéder à des formations qualifiantes.

Dans les forums de l’emploi, les sociétés se battent pour attirer ces profils précieux et atteindre le quota imposé de 6 % de travailleurs handicapés dans leurs effectifs. Et pourtant, dans l’enseignement supérieur, les mentalités n’ont pas encore tout à fait évolué. «Ces jeunes diplômés ne font pas toujours connaître leur spécificité de peur que ce soit un frein à leur recrutement», selon Laurence Mialleret. Aux portes des grandes écoles, c’est la bousculade. «Beaucoup d’entreprises nous sollicitent mais nous privilégions celles qui s’investissent à fond», raconte Hervé Laborne à la Conférence des grandes écoles. Propositions de stages et d’emplois pour tous les élèves, accompagnement financier, achat de matériel spécifique du type ordinateur adapté… «Avec à peine 1 % d’étudiants handicapés dans l’enseignement supérieur, certaines sociétés ne pourront jamais remplir leur quota. Notamment les sociétés de services qui emploient plusieurs milliers de collaborateurs de… lire la suite de l’article sur lefigaro.fr

Le Figaro Agnès Leclair