Afin de préparer les entreprises à l’application prochaine de la loi sur le handicap, la CCIT multiplie l’info sur l’insertion des travailleurs handicapés.

Dans son rapport annuel, l’Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion professionnelle des Personnes Handicapées), chargée d’apporter aides et conseils aux handicapés et aux entreprises, note qu’en Midi-Pyrénées 47% des entreprises contributrices ne réalisent aucune action en faveur de l’emploi des handicapés. Des entreprises qui seront directement visées par les nouvelles mesures de la loi de février 2005 instituant au premier janvier prochain des contraintes financières beaucoup plus importantes pour les établissements insensibles à la question du handicap.

En Haute-Garonne , c’est une entreprise sur deux qui préfère ignorer la loi. De quoi émouvoir la CCIT qui a créé il y a presque un an le club « Réussir ensemble », présidé par Gérard Lansac. Pour « mobiliser et agir » selon les mots de Claude Terrazzoni, président de la CCIT. L’objectif est en quelque sorte de ramener à la raison les réfractaires au travail des handicapés. Et leur éviter ainsi d’être lourdement pénalisés. Via un cycle de conférences notamment, dont le rythme s’accélère en cette fin d’année, la mise en place d’un tutorat et le développement d’un réseau de compétences dédiés à l’insertion des personnes handicapées dans l’entreprise.

Le handicap, un risque imaginaire ?

Récemment, Claude Terrazzoni a souhaité signifier aux siens que « le handicap constitue un combat commun, d’intérêt général où l’entreprise doit voir plus qu’une obligation légale, une action citoyenne. »
N’empêche, et Valérie Scudier, directrice d’Otonomia Conseil, le rappelait récemment dans ToulEco, l’embauche des handicapés reste perçue comme un risque par l’entreprise. A ne pas courir quand bien même de nombreux organismes peuvent intervenir pour soutenir ces embauches, financièrement et matériellement.

Un taux de formation inférieur au niveau de compétences

C’est ce que n’omettait pas de souligner Adrien Faure à chacun de ses potentiels recruteurs. Ce jeune homme sourd et muet, venu témoigner à la CCIT, vient d’être titularisé à la Direction Nationale des Douanes à Basso-Combo. Fort d’un BTS Comptabilité/Gestion, il lui a fallu deux ans cependant pour trouver un emploi sur Toulouse. Dans une administration qui a finalement réussi à s’organiser seule pour adapter le poste de travail et a convaincu une partie de son personnel à s’initier à la langue des signes !

Un défi pas si compliqué à relever pour qui veut se pencher sur les compétences du travailleur handicapé. Celles-ci sont bien plus importantes à diplôme égal que celle d’un non handicapé « vu tous les obstacles qui lui aura fallu surmonter pour obtenir une formation », estime François Goudenove, directeur de Web Sourd, entreprise toulousaine de 20 salariés, dont 14 malentendants, invité également de la CCIT ! Les travailleurs handicapés ont donc la niaque, à bon entendeur…
Nathalie Malaterre

Sur la photo : Gérard Lansac, président du club Réussir Ensemble. Photo Hélène Ressayres – DS media.

http://www.touleco.fr/La-CCI-de-Toulouse-veut-1848.html