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« Quand je fais du cirque, je suis bien. » Françoise s’élance à quatre pattes sur des anneaux de couleur disposés au sol sur un tatami. Tous les jeudis, avec cinq autres pensionnaires du centre d’aide par le travail (CAT) de Méru, elle vient apprendre les arts du cirque à la salle Jacques-Brel, dans le quartier Saint-Jean de Beauvais.
Trapèze, fil ou trampoline, cette femme de 51 ans ne manquerait cela pour rien au monde.
Cela fait cinq ans maintenant que l’école de cirque la Batoude organise ces ateliers Cirque et handicap. « C’est important de sortir de l’institut. Ces cours créent une solidarité entre les participants, une écoute, dont on tire ensuite bénéfice au CAT », assure Taoufik, moniteur dans l’établissement méruvien qui accompagne le groupe.
« Il y a plus de candidatures que de places disponibles »
« Chacun trouve dans le cirque des enrichissements différents. Ils apprennent à se connaître, font parler leur imaginaire. L’objectif est avant tout qu’ils prennent confiance en eux », explique Alexandra Courbet, responsable de la communication de la Batoude. Et le travail réalisé semble porter ses fruits audelà des espérances.
Mélinda, une des deux animatrices de ces ateliers, se souvient de Nadège, arrivée l’an dernier. Problèmes d’élocution, difficultés à marcher : «Quand elle a commencé, elle était très timide et renfermée », se souvient l’animatrice. La jeune femme a finalement réalisé son rêve lors du spectacle de fin d’année, en juin. Déguisée en princesse et entourée de deux chevaliers, elle a fait quelques pas sur un fil sous les yeux ébahis du public. « C’est incroyable, elle s’était métamorphosée, se souvient Mélinda. On sent que ça leur fait du bien d’être là. Ils ont l’air heureux. » Cette ancienne élève de la Batoude passe actuellement un brevet d’initiateur spécialisé en arts du cirque, le Bisac, lui permettant d’enseigner son art à un public handicapé.
Cette année, huit structures spécialisées participent à ces ateliers. Le bouche-à-oreille a bien fonctionné et l’école doit aujourd’hui refuser des demandes d’institutions spécialisées de l’Oise qui ont entendu parler du concept. Les cours sont limités à six participants à la fois. « C’est un public qui a besoin de bien plus d’attention que les autres élèves », précise Alexandra Courbet.
« Il y a plus de candidatures que de places disponibles. Nous devons donc faire une sélection et voir à qui les ateliers peuvent être le plus profitables », conclut lemoniteur du CAT de Méru.
- Publie par christesre/270509 dans: Accessibilite Handicap Mental
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