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23
août
Chacun connaissait l’autre de nom, de par ses performances. Mais le Vaudois Laurent Dufaux et le Corse Dominique Benassi n’avaient jamais eu l’occasion de se côtoyer. La rencontre entre l’ancien cycliste pro et le triathlète – amputé fémoral, dix fois champion du monde handisport – s’est faite dimanche dernier au Festival du film alpin des Diablerets. Lors de la fête donnée en l’honneur du pilote Marc Ristori, handicapé suite à un accident de moto en 2007.
«Différents sportifs étaient invités pour venir parler de leur expérience, explique Laurent Dufaux. C’est là que j’ai croisé Dominique Benassi. Naturellement, nous avons discuté.» Et le courant a passé. Si bien qu’à la fin de la soirée «il m’a proposé d’aller rouler ensemble. Ce qu’on a fait mercredi, en compagnie de Frank Bruno ( ndlr: amputé tibial , il a réalisé la traversée de l’Atlantique à la rame avec Benassi, la traversée du Groenland en autosuffisance… ), qui était, comme Dominique, membre du jury du festival.» Une «balade» de 65 km, en passant par le col des Mosses et celui du Pillon. «Le voir aller sur cette jambe, découvrir la vitesse à laquelle il roule et son habileté dans les descentes, c’est juste impressionnant!» lance le Vaudois admiratif. «Ouais, enfin mercredi, j’ai un peu traîné la patte, rigole Dominique Benassi. Et Laurent s’est mis à ma portée. Après avoir atteint le col avec Frank, il est redescendu me chercher. C’est un homme simple, un champion qui a su rester modeste. C’est une valeur que j’apprécie.»
Toujours le moral
En roulant, les deux sportifs en ont profité pour faire plus ample connaissance. «Et ce qu’il y a de plus marquant chez Dominique, c’est son incroyable force mentale. Qui lui a permis de devenir champion du monde de triathlon et de faire des Ironman, une discipline extrême. C’est tout bonnement hallucinant!, souligne Laurent Dufaux. Cela m’inspire de l’humilité et du respect. Rencontrer des gens comme Dominique et Frank est très enrichissant, c’est une vraie leçon de vie. Car ils ont dépassé leur handicap et sont positifs, ils gardent toujours le moral.»
«Nul n’est contraint d’accepter, mais tout est acceptation de contraintes, poursuit Dominique Benassi. A 27 ans, j’étais sapeur-pompier en Corse. Une intervention pour une rixe dans un bar, un coup de feu qui part, le projectile qui arrive dans mon genou et j’ai dû être amputé. Lorsqu’on se retrouve handicapé, on pense que tout s’écroule. Mais non. Tout est à recommencer. Comme pour tout le monde (lors d’un divorce, d’un licenciement, etc.) Personnellement, ce qui m’a motivé, c’est le triathlon. Bien qu’à l’époque, en France, ce sport était interdit aux personnes porteuses d’un handicap…»
Dominique Benassi relève aussi le rôle essentiel du soutien familial. «L’entourage est une prothèse, c’est une béquille morale pour surmonter les épreuves, affirme le Corse. Lorsqu’il était pro, Laurent a connu une période très difficile avec l’affaire Festina. Nous en avons discuté, il en parle en toute sérénité aujourd’hui et ne se cache pas derrière des explications fictives. Mais à l’époque, pour supporter tout ça, il fallait avoir des proches solides. La famille est un chaînon primordial pour un sportif de haut niveau.» En treize ans de compétition, le triathlète avoue avoir essuyé deux divorces, «mais ma compagne actuelle compose bien», se réjouit-il. Le Corse peut donc repartir pour un nouveau championnat du monde. «Voilà, c’est tout, rien d’extraordinaire.»
SOURCE/
http://www.lematin.ch/sports/divers/laurent-dufaux-mental-incroyable-155188
- Publie par christesre/270509 dans: Accessibilite HANDICAP
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