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13
mai

LORSQU’IL sera grand, ce petit garçon aura droit plus d’une fois au récit de sa naissance. Une naissance mouvementée qui a eu lieu comme jadis : à domicile.
Dans son cas, contrairement à ce que veut l’air du temps, ce n’était ni voulu, ni chaleureux. Improvisé et violent, commencé sur la lunette des WC et fini sur le lino du salon, voilà à quoi a ressemblé l’accouchement de sa maman, Cindy Parpette, le mercredi 29 avril à 4 h 20 du matin.
« Revenez demain »
Cindy a 21 ans, David aussi. Elle est robuste, il touche une pension Cotorep pour un léger handicap mental. Ils vivent au 14e étage d’une tour de la rue des Pivoines, Ronde-Couture. Ils ont une fille, Kelly, de deux ans et demi.
Le petit frère de Kelly était prévu pour le dimanche 26 avril. Sans doute se plaisait-il dans le ventre de sa maman, puisque le 26 avril il s’y tenait encore bien au chaud.
A la maternité de l’hôpital de Manchester, ce même dimanche, on rassure la mère. « Tout va bien. Rentrez chez vous, revenez demain. »
La sage-femme qui l’ausculte le lundi 27 lui dit la même chose. Idem le mardi.
Cindy lui précise (nous dit-elle) qu’elle fait tous les trajets en bus car elle et son compagnon n’ont pas de voiture. Elle rentre chez elle inquiète. Dans la nuit qui suit, Cindy éprouve de petites douleurs. Elle a déjà donné la vie : ce ne sont pas des contractions sérieuses, pense-t-elle.
« Mes deux mains pour le retenir »
Mais à 4 h 15 du matin, cette fois elle ne peut plus douter. La douleur est intense. Elle file aux toilettes pour un besoin naturel… et découvre avec effroi la tête de son bébé en train de sortir. « J’ai vraiment cru qu’il allait tomber. J’ai mis mes deux mains sous moi pour le retenir. »
A 4 h 20, elle appelle David à l’aide. « Je me suis précipité et j’ai vu la tête qui
dépassait, témoigne le compagnon. J’ai pris ma femme sous le bras et je l’ai portée jusqu’au salon. J’ai mis la couverture du canapé par terre, j’ai pas eu le temps de mettre un coussin sous sa tête ou de remplir une bassine d’eau. Il y avait du sang et du liquide amniotique partout, je paniquais. Le bébé est sorti quelques instants plus tard. Je l’ai pris dans mes bras. »
A leurs côtés, se tiennent une voisine et William Evrard, le frère de David, qui appelle les secours.
D’abord le Samu, qui tente de l’aider, à distance. « Si je vous dis qu’elle accouche, c’est qu’elle accouche ! » lance-t-il à l’urgentiste qui a du mal à le croire.
Appelés ensuite, les pompiers de Charleville sont les premiers sur les lieux.
Ce sont eux qui coupent le cordon ombilical et mettent le bébé au chaud.
L’ambulance arrive peu après.
Elle prend en charge la maman et son nouveau-né. Pas le papa, faute de place.
Une lettre au ministre
« Il faut reconnaître que le bébé va bien et c’est le principal », reconnaît aujourd’hui Cindy Parpette, caressant son adorable bout de chou de six jours.
« Mais qu’est-ce que ça aurait été si le bébé avait eu le cordon autour du cou, ou s’il y avait eu une hémorragie !, s’indignent le père et l’oncle. C’aurait été dramatique. Mon frère et moi on n’a même pas notre brevet de secouristes… »
« En 2009, accoucher dans ces conditions, c’est inadmissible ! », s’insurgent-ils.
Dans les jours qui viennent, ils pensent écrire un courrier « au ministre de la Santé et à Claudine Ledoux ».
De son côté, la maman semble vouloir rester en retrait de cette croisade.
Pour elle, l’essentiel, c’est que le cœur du petit Emerick bat bien. Le bébé pèse 3,220 kg et mesure 48 cm.
Guillaume
LÉVY
- Publie par christesre/270509 dans: Handicap Mental
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