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24/04/2009 | Idoia ERASO


Clément me fait un clin d’oeil et me sourit, pour essayer de lier connaissance avec moi. Elle, c’est Gwen. Elle me connaît depuis maintenant cinq minutes et elle m’invite à venir chercher des boissons pour ses amis. C’est son anniversaire. Gwen me raconte que c’est sa marraine qui lui a offert les jolis habits qu’elle porte. Marc m’explique qu’il a créé un blog sur le Biarritz Olympique, son équipe préférée. Marie m’observe avec intérêt. Elle me dévore des yeux en souriant. Igor raconte comment il a fabriqué le miroir qui décore la chambre de l’une de ses colocataires. Il sourit : c’est sa fiancée. Des gens avec des sentiments, des préoccupations, et des faiblesses, comme tout le monde. A la différence que les leurs sont plus facilement identifiables, plus évidentes et parfois, plus difficiles à gérer. «Nous savons depuis toujours que nous ne devons pas ajouter des obstacles sur le parcours de nos enfants. Au contraire nous devons les laisser poser eux-mêmes les limites de formation qu’ils peuvent atteindre» affirment d’une même voix Dominique Idiart et Ladix Arrosagarai, parents d’enfants handicapés, président et ex-président de Integrazio Batzordea. L’association travaille en faveur de l’intégration au sein des ikastola. Elle fête cette année son dixième anniversaire.

Ce sont ces papas et ces mamans, qui ont réussi à faire évoluer la situation, comme l’explique Ladix Arrosagarai : «Il est clair que si les choses avancent, c’est que les parents se bougent. Nous avons un grand retard et ce sont les parents qui pourvoient à des besoins qui devraient relever des institutions».

Au Sud depuis 50 ans

«En Pays Basque sud, il existe déjà de nombreuses structures, parce que le combat a démarré là-bas bien plus tôt, il y a cinquante ans. Ici, ils ont commencé à se mobiliser il y a 20 ans». Cette mobilisation détermine le développement des services. Les infrastructures ont répondu aux besoins. C’est pour cette raison que les plus jeunes ont aujourd’hui plusieurs options pour s’intégrer dans le système éducatif. C’est après que les choses se compliquent. Il existe deux types de scolarisation : en centres spécialisés ou par le biais de l’intégration dans les écoles ou les ikastola. L’intégration peut, elle aussi, être réalisée de deux façons : collective ou individuelle. Dans les ikastola de Seaska, on privilégie l’intégration individuelle. L’élève handicapé assiste aux cours avec ses camarades. Ses possibilités et ses besoins sont pris en compte. L’intégration collective se pratique de façons différentes en fonction de l’âge des élèves. L’éducation primaire s’acquiert dans des CLasses d’Intégration Scolaire (CLIS) dont la première a vu le jour en Pays Basque nord en 1990. L’éducation secondaire est suivie dans les Unités Pédagogiques d’Intégration (UPI).

«Les classes d’intégration ont été créées il y a une vingtaine d’années, mais à une toute petite échelle pendant longtemps. Durant plusieurs années, il n’y a eu qu’une seule classe et l’éducation secondaire a commencé il y a seulement cinq ans» explique Lanix Arrosagarai. La loi de 2005 oblige les établissements scolaires à intégrer les enfants handicapés. Les structures ont dû s’adapter à la demande, ce qui a beaucoup fait avancer les choses ces dernières années.

Vers l’intégration

Un virage vers l’intégration a clairement été négocié. Dans les centres spécialisés, il y a encore trois ans, les files d’attente étaient très longues. Aujourd’hui, il y a des places supplémentaires dans certains établissements. Dans ces classes, les élèves et les professeurs bénéficient de l’aide des Auxiliaires de Vie Scolaire (AVS). Ils aident notamment l’enfant à être plus autonome. Il existe aussi d’autres services de rééducation comme l’orthophonie ou la psychomotricité.

Mais c’est quand les personnes handicapées ont terminé leur phase de scolarisation que les choses se compliquent. En effet l’Etat n’est pas tenu de créer les structures nécessaires pour les accueillir. C’est la raison pour laquelle les lieux existants sont totalement débordés. Au Centre de Rééducation Motrice d’Ustaritz, plusieurs «élèves» ont plus de 18 ans, mais continuent d’y être acceptés faute d’un autre lieu d’accueil. Il existe aussi ici deux ESAT (Etablissements et Services d’Aide par le Travail) mais ils ne répondent pas à la demande. Selon les capacités de chacun, il trouve également les emplois adaptés en entreprises et dans les hôpitaux comme le Nid Marin à Hendaye.

L’association EVAH (Espace de Vie pour Adultes Handicapés) travaille à l’indépendance des personnes en situation de handicap. Elle a récemment installé un appartement adapté à leurs besoins dans lequel ils vivent «comme dans n’importe quel appartement partagé. Chacun s’est vu attribuer des tâches qui correspondent à ses capacités» précise le coordinateur Iñaki Zaldunbide. L’association, qui gère également un centre de jour à Bayonne, a en projet l’installation d’un nouvel appartement à Hasparren l’an prochain, ainsi qu’un autre à Bunus. La structure a vu le jour en 1995 à l’initiative d’une maman qui cherchait une solution pour sa fille. EVAH répond aujourd’hui aux besoins de 24 personnes.

Plusieurs projets sont actuellement en cours de développement pour accueillir ces personnes sur le marché du travail ou au moins dans un environnement social un peu éloigné du leur. L’un de ces projets est porté par l’association Chrysalide qui veut ouvrir un restaurant où des personnes handicapées pourraient travailler.

Sarean Zer,

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