Jeudi, la CGPME avait demandé à Michel Gambey, un de ses membres et directeur de l’ESAT Acodege, de débattre sur le thème du travailleur handicapé et de l’entreprise. Pourquoi ? Depuis 2005 et la loi dite de rénovation sociale, les PME de plus de 20 salariés doivent compter 6 % de personnes handicapées parmi leur personnel, le risque étant de payer une taxe si l’entreprise ne remplit pas les critères.
Plusieurs possibilités permettent aux entreprises de rentrer dans le cadre de la loi basée sur les seuls critères arithmétiques : l’appel à un établissement de travail protégé (ESAT…) pour recruter un stagiaire, effectuer une mise à disposition ou signer un contrat avec un travailleur handicapé, ou encore devenir un client d’un institut type ESAT. L’objectif de ses collaborations n’est pas uniquement mercantile. Comme le dit Michel Gambey, « nous sommes gagnants-gagnants » car les salariés handicapés découvrent le monde de l’entreprise et peuvent « intégrer la réalité économique du monde du travail ».
Le directeur de Médiaposte (groupe La Poste), Phillippe Blot, a parlé de son partenariat avec les ESAT qu’il estime extrêmement fructueux, tant pour lui que pour ses salariés. Alors que le handicap reste facteur de blocage dans les mentalités, les membres des ESAT ont voulu montrer que les travailleurs handicapés avaient des qualités qui pouvaient être bénéfiques aux entreprises et correspondre à leurs besoins (entretien d’espaces verts, manutention, usinage…).
Cette rencontre a donc permis aux directeurs d’entreprise de s’informer, de questionner. Reste une inquiétude : l’annonce d’un décret réformant la loi de février 2005, dont personne ne connaît le contenu, les enjeux, ni les modalités d’application.

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