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12
avr

Pourrai-je rester ou devrai-je partir ? Cette question, les déficients mentaux du foyer Saint-Filleul doivent désormais se la poser. Eux qui pensaient rester là autant qu’ils le souhaitaient ne sont en réalité pas maîtres de leur destin.
Il peut leur être demandé de quitter les lieux. Du côté de l’association qui les accompagne, la colère couve.
A l’origine, le foyer Saint-Filleul accueillait exclusivement des personnes âgées. En 2005, Francis de Kergal, président de l’association Vivens (Vivre ensemble) profite de la vacance d’une dizaine de logements pour y installer dix, puis douze jeunes handicapés semi-autonomes accompagnés de trois employés pris en charge par le conseil général.
Francis de Kergal est lui-même papa de l’un des résidents, handicapé mental léger. « Nous, parents, ne serons pas toujours là pour aider nos enfants. Le foyer Saint-Filleul est la possibilité pour eux de ne pas se retrouver en foyer classique, ni de devenir une charge pour leurs frères et sœurs ».
Rue du Framboisier, ces jeunes vivent donc avec un maximum d’autonomie. Cyril de Kergal, invite à la visite de l’appartement qu’il habite depuis quatre ans : un 25 m2 tout ce qu’il y a de plus classique avec canapés, télé, cuisine… C’est ici, quand il ne travaille pas à la résidence des personnes âgées Beauvoisine, qu’il passe son temps libre en compagnie des autres résidents, handicapés mentaux ou personnes âgées. « Les jeunes ont pris l’habitude de se recevoir les uns les autres, pour dîner ou pour regarder la télé », précise le président de Vivens.
A entendre le père et le fils, ce service d’hébergement et d’accompagnement à la vie autonome pour adultes handicapés (Havah) serait donc le parfait compromis entre foyer classique et autonomie totale.
« Et jamais il n’a été question de mettre des résidents à la porte ! » Si Francis de Kergal ajoute cette précision, c’est qu’il tient à dénoncer ce qui, selon lui, menace le foyer. « Alors que ce service a été pensé pour accueillir durablement les handicapés, la nouvelle municipalité, remet ce principe en cause. C’est totalement illogique ! ».
Mais pour Caroline Dutartre, c’est tout l’inverse. Si l’adjointe en charge des affaires sociales confirme bien que les jeunes entrant à Saint-Filleul n’ont pas la garantie d’y rester toute leur vie, elle ne considère pas cet aspect des choses comme une remise en cause mais à l’inverse, comme un retour à la normale. « Ce foyer est régi par l’arrêté départemental du 26 septembre 2005. Ce texte, que personne ne peut ignorer, stipule notamment que l’un des objectifs est de développer le plus haut niveau d’autonomie pour une intégration en milieu ordinaire. Un comité de suivi est chargé de vérifier si les résidents sont en adéquation avec cet objectif ». Autrement dit, au bout d’un certain temps, chaque jeune devra quitter les lieux, soit pour déménager dans un logement 100 % autonome, soit pour un foyer ordinaire. L’Havah, solution intermédiaire, ne serait donc que provisoire. Et tant pis pour ceux qui s’y sentent bien.
AXEL LECLERCQ
Solution idéale pour les uns, provisoire pour d’autres
- Publie par christesre/270509 dans: Accessibilite HANDICAP
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