handicap sarbacane

Au stand de tir du complexe sportif de Montplaisir, les compétiteurs sont fin prêts. Ils n’attendent plus que le feu vert du juge arbitre pour souffler dans leur sarbacane.
Ces hommes et ces femmes, concentrés sur leur unique cible, souffrent d’un handicap mental ou physique particulièrement lourd. Mais ils sont tous motivés à l’idée de réussir leurs tirs lors du deuxième tour du Grand prix régional handisports, programmé vendredi.
Pourquoi la sarbacane ? Elle présente un intérêt pédagogique particulier puisque ce sport reste à la portée de (pratiquement) tout le monde. On peut la pratiquer assis, debout, en fauteuil manuel ou électrique et même en chariot plat. Puis des infirmes moteurs cérébraux peuvent être tout aussi performants que des valides.
« Je pratique la sarbacane depuis cinq ans. Je suis moyen. Pour progresser, il faut beaucoup s’entraîner. Comme j’ai été malade pendant de longues semaines, j’ai perdu un peu de mes qualités » commente Jérôme. Il est venu disputer la compétition aux côtés de trente-cinq athlètes des centres de rééducation, des foyers et des maisons d’accueils médicalisés de la Région Languedoc-Roussillon, notamment celles de Ribaute et du Quatourze.
Au final, qu’importe le classement ! L’essentiel des journées comme celle de vendredi consiste à voir ces polyhandicapés pratiquer une discipline sportive : « Cela me fait vraiment plaisir de jouer avec des gens assis dans un fauteuil roulant. Elles sont vraiment très sympathiques » .
Vendredi, en matinée, ces personnes souffrant de handicaps ont eu droit à des démonstrations de sarbacane mais aussi de boccia. « C’est tout simplement de la pétanque avec des boules adaptées aux problèmes de chacun et de chacune » raconte avec le sourire Georges Abbamonte. Le conseiller municipal délégué à la citoyenneté est présent au complexe sportif de Montplaisir.
Ce deuxième tour du Grand prix régional handisport ne restera pas sans lendemain. Tout simplement parce que Georges Abbamonte souhaite réaliser une rencontre mensuelle avec les personnes handicapées : « Nous portons beaucoup de projets sportifs autour de la sarbacane et du boccia. Mais ce n’est pas notre seule ambition. Nous voulons développer des activités pour les malvoyants ou les malentendants. Nous souhaitons par exemple projeter des films pour les premiers » .
Naturellement, Georges Abbamonte jette un regard particulier sur les athlètes tirant avec leur sarbacane : « C’est là que je me dis que je suis bien dans mon fauteuil. Il existe de pires situations » .
Il veut donc offrir de petits moments de bonheurs à ces polyhandicapés. Loin de leurs établissements.

Jean NOTÉ